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Destiny

TBI, OLPC,...quels outils et quels contenus pédagogiques pour l'éducation numérique ?

CE DEBAT EST CLOTURE DEPUIS LE 31 MARS 2009 !
Merci à tous ceux qui y ont participé. Veuillez trouver en pièce jointe à cet article la synthèse des discussions.


La pleine participation à la société de l’information inclut la diffusion et l’usage ciblé des TIC pour relever les grands défis de développement, notamment celui de l’éducation. L’école doit à ce titre continuer à jouer son rôle éducatif en tenant compte des évolutions profondes de la société et en mettant à la disposition des enseignants et des élèves les clés d’accès à la connaissance universelle. Mais l'accès aux ressources numériques n'est pas égalitaire, creusant l'écart entre pays industrialisés et pays en voie de développement.

Dans ce contexte de fracture numérique, la diffusion de tableaux blanc interactifs (TBI) ou d'ordinateurs humanitaires comme l'ordinateur à "100 dollars" (OLPC) dans ces pays est-elle la réponse à l'accès à la connaissance pour tous ?

Ces nouveaux outils apporteront-ils la révolution numérique annoncée dans le domaine de l’éducation pour les enfants et les jeunes élèves des pays en développement ?

Ces outils peuvent-ils accélérer "durablement" l’alphabétisation numérique et améliorer la qualité de l’enseignement dans les pays du Sud ?

Existe t-il d’autres supports numériques d’enseignement de programmes pédagogiques adaptés au contexte culturel des pays du Sud et qui constitueraient une alternative à l’OLPC ou au TBI ?

Lire ici notre entretien avec Bastien Guerry d'OLPC France


Lire aussi les résultats de l'enquête participative
d'Anne-Laure Marie, journaliste RFI (Afrique. Un ordinateur dans la classe :
pour quoi faire ?
)

Pièces jointes:

Les réponses sont fermées pour cette discussion.

Réponses à cette Discussion

Ces nouveaux outils apporteront-ils la révolution numérique annoncée dans le domaine de l’éducation pour les enfants et les jeunes élèves des pays en développement ? (Réponse de Evelyne Rogue, professeur, personne ressources TICE)

Notons tout d'abord que s'il est vrai que « les TIC ont envahi le quotidien des adolescents, le défaut d'accompagnement de leur utilisation porte aujourd'hui à conséquence » ; à tel point que les enseignants doivent guider les élèves dans leurs divers usages. D'ailleurs, « les adolescents expriment [eux-mêmes] une attente envers l'institution scolaire portant sur leur besoin d'accompagnement dans l'utilisation des connaissances et informations qu'ils vont puiser sur Internet ». Attente on ne peut plus légitime si l'on se souvient que l'Education Nationale, dans ces termes mêmes recouvre au moins deux réalités que sont d'une part l'enseignement, et d'autre part l'éducation proprement dite. Du point de vue de l'enseignement, elle renvoie à l'apprentissage d'un savoir scientifique ou technique, c'est-à-dire pour l'enseigné à l'acquisition et la domination progressive de connaissances. Du point de vue de l'éducation proprement dite, elle renvoie à l'apprentissage des gestes, des conduites, et normes morales qui permettent l'intégration de l'enseigné à un groupe social déterminé. Les problèmes posés par l'éducation tiennent du reste à la multiplicité de ses déterminations, lesquelles entraînent une confusion dans leur solution même, si on s'en tient à l'éducation institutionnalisée, c'est-à-dire aux établissements scolaires et universitaires.

On peut en effet définir l'éducation par rapport à l'objet d'enseignement ; se pose alors la question de sa valeur scientifique, mais aussi de sa valeur pédagogique au sens strict aussi. Les difficultés se réfléchissent notamment au niveau des programmes qui doivent être adaptés aux possibilités d'acquisitions réelles de l'enseigné au regard de la maturation psychologique et sociale de l'enseigné. Et s'il est vrai que l'on n'utilise pas la même pédagogie avec des élèves de classes technologiques, éventuellement en difficultés scolaires, voire en voie de déscolarisation parfois, qu'avec des élèves mal entendants ou mal voyants, ou encore avec des élèves impétrants aux classes préparatoires au grandes écoles, dont le niveau est très proche de l'excellence, il nous faut admettre que la prise en compte de la diversité des élèves est un enjeu majeur de l'enseignement. Comment dès lors s'organiser, dans le cadre ordinaire de la classe, pour proposer une différenciation qui permette de construire les connaissances et compétences du socle commun pour les élèves non seulement les plus en difficulté, mais aussi en situation d'échec scolaire ou de handicap tout en donnant la possibilité aux autres d'aller plus loin ? En philosophie, le recours aux TIC est nécessaire, dès lors que l'on veut travailler avec des élèves dont le niveau de langue est déficient, qui plus est ont perdu confiance en eux. Il s'agit d'un outil incontournable pour l'enseignant qui veut relever le défi de l'individualisation.


Il faut bien évidemment en faire en cours un usage pertinent, lequel peut permettre aux élèves en difficulté, voire en situation d'échec scolaire et/ou de déscolarisation de reprendre confiance en eux, et par suite de progresser. On remarque en effet que globalement, l'ordinateur et l'informatique bénéficient d'un a priori favorable chez les jeunes. Soit ils ne possèdent pas de matériel et sont alors très envieux de leurs camarades qui en utilisent, soit ils disposent déjà d'un ordinateur et pratiquent surtout les jeux et les programmes ludo-éducatifs. Cette situation apparaît donc très favorable à l'utilisation de l'ordinateur en classe puisqu'elle suscite surtout de l'enthousiasme et peu de rejet. De plus, si l'on ne peut nier que ce qui séduit l'enfant, c'est la convivialité de nombreux programmes, d'une part, et de l'utilisation en groupe, d'autre part, en tant que tenants de la maïeutique on ne peut que se réjouir aussi de ce que l'ordinateur et les contenus pédagogiquement conçus permettent à l'élève une autonomie dans l'apprentissage selon une problématique essai/erreur. Quant à ceux qui prônent davantage le modèle socio-cognitiviste, ils apprécient essentiellement et avant tout la valeur du travail de groupe, en tant que modalité d'acquisition des connaissances et champ symbolique de leur partage. Mais nous aurons l'occasion de revenir sur ce point ultérieurement.


Dans tous les cas le recours aux TICE peut permettre en tant qu'outil à chaque élève de progresser à son rythme. Telle est l'expérience que j'ai pu en avoir lors de la préparation des élèves de terminales littéraire voyants et non voyants au Concours Erignac. En effet, le recours aux TIC est nécessaire dès lors que l'on veut travailler avec un élève non-voyant ou à mobilité réduite. Il s'agit d'un outil incontournable pour l'enseignant qui veut relever le défi de l'individualisation. Il faut certes en faire en cours un usage pertinent, lequel peut permettre aux élèves en situation de handicap comme à tout autre élève de remporter un concours de l'Education Nationale. Il nous faut effectivement insister sur le fait que dans tous les cas, l'usage des TICE permet d'établir très souvent avec l'enseignant une relation sinon privilégiée, du moins différente de celle à laquelle la pédagogique classique nous a habituée. Effectivement, « s'agissant de communication interpersonnelle, les TICE facilitent une individualisation possible de la relation pédagogique, qui est la déclinaison, dans la sphère scolaire, d'un constat déjà établi dans la sphère privée et le monde de l'entreprise à propos des technologies : l'idéologie qui accompagne leur diffusion, les procédures concrètes de leur utilisation, les modes d'investissement des usages, participent à une tendance très forte à l'individualisation. » L'intégration des nouvelles technologies à l'éducation laisse aussi le champ ouvert à de nouvelles théories sur l'apprentissage, qui remettent en cause le modèle classique de la transmission du savoir. Inspiré en grande partie par Seymour Papert, le créateur du célèbre langage Logo, le constructionisme part du principe que l'élève est un acteur de son apprentissage, et qu'il augmente ses connaissances non pas en recevant un enseignement, mais en utilisant des outils et en construisant objets et concepts par lui même.


On pourrait voir en S. Papert le digne héritier de l'éducation intellectuelle dont Kant nous disait qu'elle est avant tout un exercice de l'intelligence, et surtout que rien ne peut se substituer à l'intelligence même. En effet, l'entendement est nécessaire pour comprendre ce que l'on apprend ou ce que l'on dit et pour ne rien répéter sans l'avoir compris. Dans cet exercice de l'intelligence on évitera donc de partir de l'universel, des règles prises in abstracto, comme du particulier, du réel sans signification générale. On partira du point même où doit s'exercer l'activité de l'intelligence, c'est-à-dire du moment où l'universel et le particulier se rejoignent : « La question se pose ici de savoir si les règles doivent être données d'abord in abstracto, ou s'il ne faut les apprendre qu'après en avoir fait bon usage ? ou bien s'il faut faire aller ensemble la règle et l'usage ? Ce dernier point de vue est seul sage. » Au début, précise d'ailleurs Kant, on peut d'une certaine manière cultiver passivement l'entendement en lui proposant des exemples convenant à la règle, ou inversement en dégageant la règle appropriée aux cas singuliers. Cependant, pour rendre cet exercice plus fécond on usera, dès lors qu'il s'agit des facultés supérieures, de la méthode socratique. Un des grands principes de Kant est en effet que « toute notre connaissance commence avec l'expérience Ce qu'il faut, c'est donc que l'élève construise lui-même ses idées, au lieu de les recevoir toutes faites du dehors.

Pour en savoir plus : consulter l'article publié sur France 2025 Les TIC au service de l'autonomie de l'enseigné
Il est important d'avoir cette fameuse et couteuse Revolution Numerique dans nos pays car nous vivons dans un monde ou tout est Globalisé. L'outil informatique dans les écoles est une très bonne chose pour briser la fracture numérique entre pays du Nord Et ceux du Sud, mais le problème majeur demeure la question de la Formation des premiers acteurs que sont les enseignants, l'énergie est un handicap majeur malgré les nouvelles souces d'énergie. Donc je peux dire que l'accès a ce précieux outil du savoir demeure chimérique pour les pays en Voie de Developpement
salut je pense que oui ca pourra améliorer considérablement l'avancée technologique pours éléves des pays du sud.Par exemple au lycée el hadji ibrahima de Koungheul au sénégal région de Kaffrine cela commence à se faire sentir avec les ordinateurs portables qu'utilisent les professeurs pour dispenser leurs cours et saisir leurs devoirs en toute transparence.Ceci dit il n'est pas exclu que les éléves aussi suivent le pas de ces professeurs en amenant des ordinateurs portables en classe.En tant que professeur en NTIC du dit lycéee je sens que les choses vont avancer ici et j'invite tous les autres lycées à faire de même pour reduire à jamais cette fracture numérique.
Je suis convaincu que ces outils apporteront une révolution numerique dans le domaine de l'education des enfants et jeunes eleves des pays en developpement, l'ordinateur à 100$ une solution qui favorise l'acces pour tous mais aussi pour quelle type d'energie electrique ? les pays du sud ont aussi le probleme de l'energie pour faire fonctionner leurs ordinateurs qui demeurent jusque là comme un luxe , l' acces à l'electricité demeure encore un probleme . je souhaiterai vivement que la question d'ordnateurs soit toujours associée a celle de l'energie electrique.
La question de support adapté au contexte culturel , je pense que cela n'existe pas encore dans la plus part des pays du sud , mais je me dis que cela pourra etre un element tres important pour la promotion des tic.
Pièces jointes:
Quand je vois que nous avons presque oublié la télévision, les nouvelles technologies des années 70 ( objet de luxe d'antan et décor de la personne normale aujourd'hui), le téléphone portable ( hier, outil de distinction social, aujourd'hui, plus important que les céréales auxquelles on troque pour...) . quelles applications peut ton référencer aujourdhui sur les téléphones mobiles en Afrique alors que tous les gosses, du moins les plus nantis en possèdent aujourdhui?. Si on pouvait fermer ses yeux et faire un retour en arrière de 20 ans, on dirait que l'on serait développé si une technologie comme celle du telephone portable ou meme un ordinateur par village devenait une réalité et pourtant aujourdhui, c'est plus qu'une réalité, mais rien ne semble avancer.

Notre force de sous utilisation du potentiel existant va de pair avec notre croyance que la technologie de demain nous permettra d'être plus efficace. mais comme tout le monde semble l'utiliser, ca revient au même.

Je me demande pourquoi on n'utilise pas à fond des technologies comme le télétexte pour passer certains messages puisque le nombre de téléviseurs est plus élevé que le nombre d'ordinateurs. Est-ce une technologie très compliquée à mettre en œuvre? , je n'ai pas encore vu une chaine africaine l'utiliser alors qu'il en existe des centaines en Europe qui l'utilise et il existe meme des sites webs en format teletexte..
Dans le domaine de l'éducation et de la simple information, je pense que ca peut servir.

je suis toujours sidéré que je vois que l'on se plaint en Afrique de manque de ci de ca et quand je vois les milliers de cartes de recharges prépayées imprimées dans du papier luxe alors que l'on pourrait passer des messages importants comme des notes de cours, tables de multiplications...Il en est de meme des papiers enveloppant les cubes maggi ou autres que l'on consomme par milliers en Afrique.

Je ne comprends rien que je vois pleins de documents non numérisés et on rêve que chaque gosse va frimer avec un OLPC en classe. Oui, c'est vrai, mais avec quel contenu?

Tout le monde semble connaître l'Internet, mais poser une question: possède tu un site web?, on te répondra Oui, mon adresse est monsieurtoutlemonde@yahoo.fr

parlons maintenant sensibilisation. on vous dira que c'est dépassé et que l'on doit attaquer les choses sérieuses.

Vivement que nous apprenons la combinaison des techniques et non leur usage isolés, loin de toute forme d'intégration et de cohésion...
Pour répondre aux questions, je vous invite à lire l'article que j'ai écrit sur le Blog de la VST de l'INRP il y a quelques semaines.

Je réponds aux questions.

Du tableau noir traditionnel au tableau blanc interactif. Quels changements ?

L’adaptation au contexte africain est posée.

Le TBI, un outil pour une médiation cognitive (j'explique à quelles conditions).

Bien cordialement
Michèle Drechsler
En matière de technologies, l'on constate une adaptation très facile et rapide des jeunes. Leur besoin de découvrir de nouvelles choses passionnantes et leur engouements pour les jeux vidéos et technologies captivantes est un atout à exploiter. La lutte contre la fracture numérique en Afrique devrait commencer par cibler les jeunes. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'avoir des maîtres ou professeurs bien formés, il suffirait juste de donner accès aux outils à ces jeunes et laisser l'opportunité et le libre arbitre de découvrir avec bien évidemment un encadrement des enseignants. Permettre aux jeunes très tôt de se familiariser avec les nouveaux outils du numérique c'est assurer efficacement la réduction de la fracture numérique dans le temps."
Avec quel contenu, dites-vous, Sylvestre? J'aurais tendance à vous repondre avec tout ce qui se trouve sur Internet, et le développement des encyclopédies « wikis »

Pour en savoir plus lire un article long que j’ai publié sur France 2025

Ou la version courte sur l’Agence de presse pédagogique


Le contenu généré par les utilisateurs est considéré, par ceux qui le pratiquent, comme un excellent moyen d'améliorer ses capacités propres, de s'instruire et de découvrir de nouveaux domaines. De ce point de vue, l'encyclopédie paradigmatique semble bien être « wikipédia ». La visée philanthropique de ce projet se meut in fine en visée apologétique, car l'Encyclopédie récapitule les savoirs afin de les proposer aux contemporains.
L’enseignement dans les pays africains doit effectivement changer et s’adapter aux réalités du monde actuel. Comme le dit si bien Destiny « l’école doit…..continuer à jouer son rôle éducatif en tenant compte des évolutions profondes de la société » et non continuer à évoquer le passé colonial du début du siècle dernier. Ce changement de l’enseignement africain doit impérativement passer par une refonte du système présent en l’adaptant non seulement à l’ère de la révolution numérique de ce nouveau millénaire, mais aussi aux réalités africaines (histoires, langues, cultures…. ). Les TIC le permettent aisément comme cela est cas de part le monde : enseignement à distance, numérisation, TBI, espace numérique de travail,……..
Les obstacles il y en aura, notamment liés aux cadres juridiques, aux ressources matériels et humaines compétentes, aux moyens financiers ; ils sont faits pour être surmonté puisqu’il est question de l’éducation de la jeunesse du continent africain et donc mettre l'Afrique aux pas de marche du monde actuel.
Un adage le dit si bien : « la jeunesse, c’est l’avenir d’une nation », en occurrence ici du continent africain.
Quoi que l'on puisse dire, on sera toujours amené à considérer quelques réalités : la plupart des initiatives menées dans le sens d'une réduction de la fracture numérique entre le Nord et le Sud ont contribué à accentuer quelques inégalités qui existaient déjà sur le plan interne. Qu'on le reconnaisse ou non. Il y a certes des populations à Guinaw Rails (banlieue de Dakar) qui n'avaient jamais touché à un ordinateur et qui l'ont fait grâce au Centre Multimédia Communautaire installé avec l'appui de l'Unesco et de la coopération suisse. Pareil pour certains habitants de Coubanao (au sud du Sénégal) qui a été "connecté" au "réseau des réseau" grâce au centre ADEN. Mais il y a des catégories de populations qui n'ont aucune chance d'être animateurs (ce qui requiert certaines prédispositions) à la radio communautaire de Diaobé (Sénégal oriental). Et que dire de la fracture grise ?

Ce serait une grave erreur de penser qu'il suffira de promouvoir l'usage de l'ordinateur à l'école pour changer dans le bon sens (pour ne pas dire "améliorer" tout simplement) la qualité de l'enseignement. Loin de nous tout positionnement "afro-pessimiste". La question n'est pas d'ailleurs d'être technophile ou technophobe, mais d'avoir une position critique. On peut raisonnablement s'inquiéter aujourd'hui de la détérioration continue de la qualité de l'éducation au Sénégal par exemple. Les performances scolaires chutent, la qualité des enseignements baissent, le niveau des élèves (mais aussi de leurs maîtres) s'affaiblit. Pour causes, des revendications syndicales que je me garde bien de juger mais qui n'en finissent point, le laxisme des enseignants, l'amenuisement du contrôle parental, le désintéressement des élèves (et étudiants qui vont à l'Université juste par qu'ils ne trouvent rien d'autre à faire), la persistance au sein de la société sénégalaise de la croyance que l'école n'assure plus la réussite sociale, etc. Tous ces problèmes méritent d'être pensés avec sérieux. Ce n'est guère les TIC qui vont apporter des solutions miracles, ni même les solutions nécessaires bien qu'elles puissent servir d'outils aux politiques.

L'introduction de l'OLPC et du TBI à l'école requiert à un mon sens une stratégie forte et cohérente. Son déroulement devra être étalé dans le temps, les objectifs clairement définis, les cibles soigneusement identifiés, le suivi assuré, les retombées objectivement mesurées. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. La plupart des gouvernements africains n'ont pas de vision politique d'intégration des TIC. Ils foncent, à tête baissée, histoire de ne pas être critiqués d'être en marge de la vague de la modernité.

Il est clair que les jeunes africains sont preneurs de toutes ces innovations apportées ou promises par les technologies. Ils sont près à s'embarquer diraient l'autre. Mais les promoteurs d'initiatives TICE doivent aussi veiller à leur trouver/élaborer des contenus spécifiquement utiles, en d'autres termes, localement ancrés et culturellement pertinents. En effet, introduire des ordinateurs à l'école et fournir aux apprenants des accès à l'Internet sans définir au préalable des objectifs et donc sans savoir ce que l'on cherche ou comment mettre à profit les résultats qui en découleraient, serait de nature à produire un chaos cognitif. Pour débuter cette démarche, l'échelon qui semble le plus pertinent est l'école primaire qui demande des programmes spécialisés pour les enfants qui présentent des difficultés d'apprentissage.

L'enseignement à distance est certainement intéressante et permet de lever (... provisoirement) quelques contraintes liées à l'impossibilité d'être présent à tel moment à l'endroit où se déroule le cours. Mais je ne pense pas que cela soit une démarche exempte de reproches. Entre autres parce que la vulgarisation excessive de cette pratique pourrait se produire au dépens de la qualité de l'éducation dans la mesure où certains cours spécifiques (art, musique, expérimentation en laboratoire, etc.) et la relation en face-à-face avec les enseignants seraient sévèrement négligés, en faveur de ce que Todd Oppenheimer (juillet 1997; "The Computer Delusion.", The Atlantic Monthly) appelait "une éducation commandée par la technologie et médiatisée par les ordinateurs".
Le nouveau dossier de veille de l'Institut National de Recherche Pédagogique analyse comment l'usage des TICE peut aider à lutter contre l'échec scolaire :

L'impact des TIC dans l'enseignement : une alternative pour l'individualisation ?

Présentation du dossier :

"L'objectif de ce dossier d'actualité est d'essayer, au regard de publications récentes, de dégager des éléments de réflexion aussi bien en France qu'à l'étranger pour montrer en quoi les TIC offrent des outils et des services qui présentent une certaine efficacité pour l'enseignement et l'apprentissage. L'idée est qu'elles permettent la prise en compte des différences individuelles, favorisent l'individualisation des enseignements et représentent, de fait, une alternative pour gérer l'hétérogénéité des élèves."

Les auteurs analysent notamment :

- Les fonctionnalités à partir desquelles se développent les usages des TIC
- L'évaluation de l'impact des TIC sur l'enseignement et l'apprentissage des élèves
- Leur pertinence pour les publics en difficultés et l'individualisation des enseignements.
- Des dispositifs innovants et des ressources pour individualiser avec les TIC.

Dossier d'actualité n° 41 – janvier 2009 :
www.inrp.fr/vst/LettreVST/41_janvier2009.htm
Le TBI au secours de l'éducation numérique en Afrique


Extraits de l'article du blog VST de l'INRP.


Quelques arguments complémentaires

L’adaptation au contexte africain est posée

Extraits :
La généralisation du TBI doit aussi surmonter des difficultés liées aux problèmes de désenclavement, de connexion, d’équipement car comme indiqué sur le site du consulat du Burkina Faso, «la généralisation des TBI reste difficilement envisageable dans l’état actuel des choses. Les raisons sont multiples : le réseau électrique est loin d’avoir couvert le pays (seules les grandes villes et quelques villes moyennes bénéficient de l’électricité). Ces TBI reviennent très chers et sont donc difficiles à envisager dans le budget du pays, alors que beaucoup d’écoles sont encore à construire. La formation des enseignants fait d’une manière générale cruellement défaut et les classes sont surchargées (80 à 120 élèves).»

Du tableau noir traditionnel au tableau blanc interactif. Quels changements ?

Quelles sont les spécificités du TBI par rapport au tableau noir ? Quels sont les bénéfices pour les apprentissages ?

Extraits de l'article du blog VST de l'INRP.


Cordialement
Michèle Drechsler

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