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La montée en puissance des télécommunications en Afrique avec ses retombées tant financières que sociales est en train de bouleverser non seulement le comportement des populations auxquelles elles offrent leurs services que dans des secteurs dont elles n'avaient pas vocation naturelle. Plusieurs expériences à travers le continent dans le domaine bancaire montrent à suffisance que ces dernières sont en passe de bancariser l'Afrique, du moins de redynamiser ce secteur financier en proie à des problèmes dans sa relance.
http://www.itu.int/newsroom/press_releases/2008/10-fr.html">
http://www.laconscience.com/article.php?id_article=6887">
En effet, s'inspirant du modèle nippon, certaines opérateurs des télécommunications ont initié sur le continent des expériences et lancements commerciaux de services de paiement associés au téléphone portable et les multiplient en fonction de la croissance des transactions effectuées par leur clientèle. Chezola Pay au Nigéria, M-Pesa au Kenya et Celpay en RD Congo ou en Zambie, pour ne citer que celles ci, permettent de transférer et réceptionner de l'argent, d'effectuer des paiements de factures… avec un compte rechargeable par carte prépayée (ou reliée le plus souvent à un compte bancaire) soit par SMS ou encore en utilisant les technologies GPRS/EDGE. M-Pesa qui veut dire argent en Swahili lancé par Safaricom au Kenya est un service par SMS qui permet de transférer au maximum 400 dollars américains de personne à personne. Des transferts transfrontaliers allant jusqu'à 35000 shillings entre la Grande Bretagne et le Kenya sont aujourd'hui possible grâce à une entente entre Safaricon et son partenaire anglais Vodofone(détenant la moitié des actions de Safaricom).

Les téléphones qui ne servaient qu'à appeler sont désormais utilisés comme cartes de crédit ou porte monnaie électronique. Elles ont pour avantage, la transmission des données en temps réelle, en toute sécurité et confidentialité. Cet échange de fonds sans support papier implique une relation entre la banque, le commerçant (acteurs économiques) et le propriétaire du téléphone, ce qui peut s'apparenter d'une certaine manière à ce qu'on appelle la monétique.

Ayant cette capacité de réunir à la fois les banques et les différents acteurs économiques en seule opération sur un téléphone, les opératuers des télécommunications ont le privilège d'apporter une solution aux problèmes de banque en Afrique que sont la confiance, l'accessibilité et la clarté dans leurs opérations.

Les chiffres parlent eux même: Il y a plus de 260 millions d'utilisateurs de mobiles et le nombre d'utilisateurs croît en moyenne de 63% tous les ans depuis 2003; d'où l'évidence d'espérer que les télécommunications grâce aux paiements par téléphone puissent réellement être un des moteurs d'une redynamisation ou bancarisation du continent.

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Réponses à cette Discussion

En réponse à cet article, il me semble important de montrer que les télécommunications peuvent il est vrai devenir un réel outil de transparence pour les banques et pour les relations avec leurs clients mais aussi jouer un rôle dans le secteur de l'économie informelle, et dans la mise en marche d'initiatives privées.
Le transfert d'argent des communautés de migrants vers le pays d'origine est une source de revenu colossale pour le continent africain, ainsi, l'utilisation des outils de communications a un réel impact sur la réalisation et le suivi de ces transferts.
L'exemple de la mise en place par la confrérie Mouride de Brooklyn d'un système de transfert d'argent vers le Sénégal est très représentatif. Le système "Kara International exchange", dans sa connexion avec le marché de Sandaga à Dakar permet aux migrants sénégalais vivant dans le quartier de Brooklyn de transférer de l'argent directement à un particulier sur le marché de Sandaga. L'organisation est simple, le migrants indique à la société Kara la somme qu'il compte transférer pour la personne concernée à Dakar, la société demande par télécopie à son correspondant de Dakar de débloquer cette somme. Le destinataire est ensuite contacté par le migrant (dans le cycercafé créé par la société kara à Brooklyn) et il peut aller récupérer son argent.
Cet exemple montre à quel point les TIC peuvent être un outil pour une bancarisation du continent dans le secteur formel, mais aussi (et surtout?) dans le secteur informel provenant d'initiatives autonomes et privées.

Pour aller plus loin : rôle de l'économie informelle dans l'appropriation des TIC

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L’exemple de Kara International exchange est certes intéressant, mais néanmoins cet institution n’inclut pas autant le secteur informel que les opérateurs de télécommunications. Ces derniers ont beaucoup d’avantages en termes de confiance, d’accessibilité et de clarté dans leurs transactions à savoir :

• la transparence des opérations (bancaires ou autres) faites par leurs abonnés ou à leurs profits;
• la couverture réseau qui permet une accessibilité des services qu’ils offrent ;
• l’intégration dans tous les secteurs d’activités sans distinction que l’on soit formel ou informel ;
• et enfin le fait de rendre compte à la banque centrale du pays dans lequel ils exercent
.

Le dernier élément est le plus important parce que dans la plupart des pays africains, il est quasi impossible de saisir les opérations qui se font dans le secteur informel, et donc grâce aux opérateurs des télécommunications il est désormais possible pour la banque centrale des pays d'Afrique d'avoir des chiffres de ce secteur et l'intégrer dans le produit national brut.

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Kara International exchange est, en effet, un circuit de transfert d'argent informel. Celui qui envoie l'argent n'a pas besoin de s'identifier, ni de signer une quelconque pièce. C'est plutôt à l'employé à qui il donne l'argent de lui donner un reçu mentionnant la date de l'opération, les coordonnées de l'expéditeur (nom, prénom, adresse) ainsi que celles du bénéficiaire et le montant envoyé. Dans ce système, Serigne Mansour TALL* nous apprend que seule l'entreprise Kara manipule les ordres de paiement et qu'il n'y a pas de transfert physique d'argent. A la réception de la télécopie, l'agence de Dakar utilise l'argent déposé par les commerçants. Ce mode de transfert d'argent rendu possible par les TIC principalement le fax et le téléphone, à la fois rapide et conviviale, pose donc problème car les sommes échangées échappent aux modes de contrôle. Les commerçants de sandaga l'utilise par exemple pour échapper aux contrôles des douanes du Sénégal.
Néanmoins, les services bancaires sur les téléphones portables notamment le M-paiement (paiement par mobile) à l'image de M-pesa et de Celpay qui, comme l'a souligné par Thyno, permettent de payer certains services par carte prépayé avec un compte rechargeable deviennent de plus en plus populaires. Les tic peuvent ainsi compenser la sous bancarisation qui se trouve être un des principaux contraintes face au développement du commerce électronique dans beaucoup de pays africains.

*Consultez l'article de Serigne Mansour Tall ici

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L’énorme potentiel des technologies défie notre imagination. Mais aujourd’hui nous pouvons mesurer leur immense utilité. Lorsque les entrepreneurs de régions rurales peuvent passer une commande ou vérifier le cours de leurs produits par téléphone cellulaire, le gain de temps et d’argent peut être énorme.
Donc, à mon avis, cet article relance le débat sur la volonté et l'avancée technologique de l'Afrique en matière de technologie de l'information et de communication et surtout de fracture numérique. L' utilisation des TIC par les banques, montre la conviction réelle que l'Afrique est plus que jamais prête au changement car elle dispose le potentiel intellectuel requis pour participer au dialogue scientifique mondial.
Aujourd'hui, l'Afrique fait entendre sa voix sur tous les aspects de la question liées à l'appropriation des nouvelles technologies dans le cadre de la problématique générale du développement.

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